France : débat autour du congé climatique

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Alors que le pays enregistre des températures record, la question des conditions de travail dans ce contexte s’impose au premier plan. D’où la proposition d’un congé dédié, loin de faire consensus.

Faut-il instaurer un congé climatique dans la législation française ? Pour les Écologistes, la réponse ne fait aucun doute. Leur cheffe de file, Marine Tondelier, a ainsi annoncé le 24 juin le dépôt prochain d’une proposition en ce sens.

Il s’agirait d’un dispositif offrant entre quatre et six jours par an aux salariés dont les activités les exposent directement aux fortes chaleurs.

Selon la responsable écologiste, interrogée par BFMTV, le principe reposerait sur une mutualisation du risque, à l’image de l’assurance maladie. L’objectif est de prendre collectivement en charge ce risque émergent du XXIe siècle, plutôt que de le laisser peser uniquement sur les employeurs ou les travailleurs, qui doivent aujourd’hui gérer ces situations au cas par cas via le « cas de force majeure », souvent sans rémunération en cas d’absence.

Marine Tondelier cible en priorité les secteurs du BTP, certaines exploitations agricoles ou encore les métiers non télétravaillables. Elle cite notamment l’exemple de bureaux du Muséum d’histoire naturelle où la température atteindrait jusqu’à 48 °C.

L’Espagne comme référence

L’initiative s’inspire de l’Espagne, où un mécanisme similaire existe depuis deux ans. Celui-ci n’avait toutefois pas été instauré initialement en raison d’une canicule, mais à la suite des inondations meurtrières à Valence.

Concrètement, le dispositif espagnol autorise les salariés à s’absenter jusqu’à quatre jours lorsqu’une alerte météorologique extrême est déclenchée et que leur sécurité est menacée.

Il doit néanmoins s’agir d’un cas de force majeure, défini par la loi comme un risque imminent et grave, et les autorités compétentes doivent avoir émis des recommandations limitant les déplacements professionnels.

Selon Marine Tondelier, un tel congé viendrait compléter d’autres mesures de prévention face aux épisodes de chaleur, à l’image de la climatisation qu’elle refuse de considérer comme une solution miracle. Elle souligne notamment qu’un logement climatisé rejette de la chaleur vers l’extérieur, au détriment des voisins moins équipés.

Le gouvernement exprime ses réserves

Si cette proposition pourrait constituer un soutien pour les travailleurs exposés aux fortes températures et aux aléas climatiques, elle suscite des critiques. Les organisations patronales redoutent un surcoût pour les entreprises ainsi que des contraintes organisationnelles accrues dans des secteurs déjà en tension.

Elles privilégient plutôt le renforcement des dispositifs existants, tels que l’aménagement des horaires, le recours au télétravail lorsque cela est possible ou encore l’amélioration des équipements de protection.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est lui aussi montré réservé, estimant qu’un congé inspiré du modèle espagnol ne répond pas directement aux enjeux de santé au travail et qu’il pourrait représenter un coût compris entre 4 et 5 milliards d’euros, à la charge des entreprises ou de l’État.

« C’est une façon d’abdiquer devant la difficulté, il n’est pas question d’opposer le travail au réchauffement climatique. Il faut adapter les modes de travail », a rétorqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV.


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