France : service secret cherche espions

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La Direction générale de la sécurité extérieure multiplie les présences sur les salons pour étoffer ses effectifs. Plongée dans un processus de recrutement pas comme les autres.

Elle compte parmi les institutions les plus secrètes de France. La voilà pourtant dans les allées des salons de recrutement, stand installé, recruteuses souriantes et clip promotionnel à l’appui.

La DGSE, Direction générale de la sécurité extérieure, le service de renseignement français, a ainsi participé le 4 juin dernier à Paris à Tekkit, un salon consacré au numérique au féminin, afin de présenter ses besoins en recrutement.

« La DGSE, c’est une entreprise qui a besoin de recruter et qui veut recruter les meilleurs talents possibles pour qu’on puisse rester les meilleurs dans notre domaine. Et pour ça, on a besoin de se montrer », explique à Franceinfo une recruteuse, visage non filmé et voix volontairement modifiée.

Car si attirer les espions de demain dans un contexte de concurrence internationale impose de sortir de l’ombre, l’institution ne renonce pas pour autant à la culture du secret qui la caractérise, notamment vis-à-vis du grand public.

Un service secret contraint de s’exposer

Il est ainsi strictement interdit aux candidats de prendre des photos ou de divulguer des éléments relatifs aux entretiens. Chaque année, les services de renseignement extérieur recrutent plus de 600 personnes, avec des profils allant de la cybersécurité à la cryptographie, en passant par l’intelligence artificielle.

Le défi est de taille, dans un marché de l’emploi technologique sous tension, où certaines spécialités affichent un ratio de trois offres pour un candidat qualifié. La DGSE doit notamment rivaliser avec les grandes entreprises technologiques, les start-up en forte croissance et les groupes du CAC 40.

L’enjeu est aussi interne. L’organisation, qui compte environ 7 500 agents, dont seulement 30% de femmes, cherche à corriger un déséquilibre de plus en plus critiqué dans un contexte de promotion de la mixité. Selon des données relayées par Franceinfo, une meilleure diversité au sein des équipes techniques pourrait améliorer leur performance de 15 à 20%.

Des codeuses au service du renseignement

Sur le stand, Marie, ingénieure avec quatre ans d’ancienneté à la DGSE — qu’elle appelle affectueusement « la boîte », comme tous ses collègues — aborde quelques angles de son quotidien au travail.

Spécialiste en cryptanalyse, c’est-à-dire dans le décryptage de communications chiffrées, elle travaille notamment sur des dossiers liés à la lutte antiterroriste. Elle décrit une activité très opérationnelle, en interaction constante avec les analystes chargés d’exploiter les informations obtenues.

Pour une visiteuse, ingénieure en intelligence artificielle interrogée sur place par Franceinfo, travailler pour l’État revêt une dimension particulière dans le contexte actuel. Une autre candidate souligne pour sa part l’intérêt des équipements de pointe.

La question de la rémunération reste toutefois sensible. Un data scientist débutant gagne entre 35 000 et 42 000 euros bruts annuels dans la fonction publique, contre 45 000 à 55 000 euros dans un grand groupe. La DGSE met néanmoins en avant d’autres arguments, comme la stabilité de l’emploi, les missions stratégiques et l’accès à des technologies rarement accessibles dans le secteur privé.


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