Climat : l’Écosse peut mieux faire

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L’organisme de surveillance des politiques climatiques du Royaume-Uni a rendu son verdict sur la stratégie écossaise. Si le ton est plus favorable qu’il y a deux ans, les lacunes identifiées restent nombreuses.

C’est un signal très attendu, minutieusement observé, et cette fois accueilli avec un soulagement mesuré. L’autorité britannique chargée du suivi des politiques climatiques (CCC) — celle-là même qui avait sévèrement épinglé l’Écosse il y a deux ans après l’abandon de la plupart de ses objectifs — livre aujourd’hui une évaluation nettement plus nuancée de la stratégie climatique actuelle du pays.

Sur le fond, le comité salue avant tout la qualité et le niveau de précision du premier budget carbone écossais, qui trace la trajectoire environnementale nationale jusqu’en 2030. Une reconnaissance notable, compte tenu du contexte.

Il y a deux ans, Édimbourg essuyait de vives critiques après avoir manqué huit de ses douze cibles annuelles, ce qui avait poussé le gouvernement à renoncer à une large part de ses ambitions climatiques dans un aveu d’échec retentissant.

Ce premier budget carbone illustre donc un changement de méthode. L’autorité y voit une base de travail solide, susceptible de guider plus efficacement les décisions politiques à venir et de restaurer une part de crédibilité à l’ambition écologique écossaise.

Des angles morts qui fragilisent l’ensemble

Pour le gouvernement, ce satisfecit partiel constitue une bouffée d’air politique à moins de trois mois des prochaines élections législatives. Mais le comité de contrôle n’a pas manqué de souligner, avec précision, les domaines où l’Écosse doit impérativement redoubler d’efforts.

D’ici à 2035, moins des deux tiers des réductions d’émissions annoncées reposent sur des mesures concrètes, selon le CCC. La tendance se dégrade encore à l’horizon 2040, où à peine plus de la moitié des engagements disposent d’un plan d’action clair. Autant d’objectifs bâtis sur des fondations jugées fragiles.

Dans le détail, le chauffage des bâtiments concentre une grande partie des inquiétudes. Secteur particulièrement énergivore et difficile à décarboner, il demeure insuffisamment traité dans le plan actuel. La gestion des tourbières — véritables puits de carbone naturels essentiels à la stratégie nationale — fait aussi l’objet de critiques, l’autorité estimant que le niveau de détail reste trop lacunaire.

« Une approche fondée sur la science-fiction »

Le reboisement des forêts et le soutien aux agriculteurs dans leur transition écologique complètent la liste des chantiers les plus sensibles. Sur ces points, le message du comité est sans détour : l’Écosse doit « faire ses devoirs ».

Des manquements d’autant plus préoccupants qu’ils concernent des secteurs clés liés à la gestion des terres et aux équilibres environnementaux du pays. Pour Jamie Livingston, directeur d’Oxfam Écosse, cité par The Guardian, ces faiblesses montrent que « l’approche de l’Écosse relève encore trop de la science-fiction et reste floue sur la provenance des financements nécessaires ».

En réaction, le gouvernement écossais a assuré qu’il intégrerait l’ensemble de ces recommandations dans la version finale de son plan climatique, attendue très prochainement. Objectif : atteindre la neutralité carbone « de façon équitable, ambitieuse et à la hauteur de l’urgence ».


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