La guerre contre l’Iran, une chance pour la transition énergétique ?

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Le choc pétrolier provoqué par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran et ses répercussions pourrait inciter à un recours plus rapide aux énergies renouvelables. Mais rien n’est sûr…

« Si vous êtes importateur de combustibles fossiles, ce moment vous dira exactement pourquoi vous devez miser sur vos ressources énergétiques domestiques propres, électrifier et gagner en efficacité ».

Ces propos, relayés par Bloomberg et signés Jason Bordoff — directeur du Centre de politique énergétique mondiale à l’Université Columbia et ancien conseiller énergie et climat à la Maison-Blanche sous Barack Obama — résonnent comme une évidence dans un contexte mondial particulièrement instable.

En effet depuis le 1er mars, date des premières frappes américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran, l’économie mondiale tourne au ralenti. La fermeture par Téhéran du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, a suffi à créer une onde de choc sur les marchés.

À cela s’ajoutent la mise à l’arrêt de la plus grande raffinerie d’Arabie saoudite et la suspension par le Qatar de ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Une succession d’événements qui a propulsé le prix du brut de près de 15% à l’ouverture des marchés, le lundi 2 mars, renouant avec les niveaux observés en juin 2025.

Des alternatives enfin à portée de main ?

Si cette flambée reste encore inférieure à ce que certains redoutaient pour un scénario combinant guerre au Moyen-Orient et perturbation d’Ormuz, un conflit prolongé pourrait redessiner durablement les marchés de l’énergie. Cette dynamique pourrait, à son tour, stimuler la transition vers les sources renouvelables.

« Des prix élevés du pétrole et du gaz sont en principe une bonne nouvelle pour les technologies alternatives, car ils les rendent plus compétitives. Il devient plus intéressant d’installer des panneaux solaires, des pompes à chaleur et d’autres technologies capables de réduire la dépendance au gaz », explique à Bloomberg, Thijs Van de Graaf, chercheur en énergie à l’Institut de géopolitique de Bruxelles.

Cette option est d’autant plus attrayante que le coût de ces sources d’énergie a chuté de manière spectaculaire ces dix dernières années, en grande partie grâce à l’industrie chinoise.

En Afrique, l’exemple de l’Éthiopie est à cet égard emblématique. Ce pays à faible revenu a pris la décision radicale d’interdire l’importation de véhicules à combustion, ouvrant son marché exclusivement aux voitures électriques. Deux ans plus tard, alors que le réseau de recharge commence à se déployer, les consommateurs éthiopiens se félicitent de la décision.

Attention aux pièges et aux leçons non apprises

Résultat, une nation qui aurait été durement frappée par la flambée actuelle des cours du pétrole s’en trouve largement protégée pour une part significative de son économie des transports.

Mais l’histoire des crises énergétiques incite à la prudence. Depuis le premier choc pétrolier de 1973, le même cycle se reproduit : hausse brutale des prix, agitation politique, mesures d’urgence… puis retour à la normale dès que les tensions s’estompent.

« Quand la crise passe, on a tendance à oublier le problème, puis on y est de nouveau confronté la prochaine fois », résume Bordoff. À cela s’ajoute le défi du financement de ces énergies vertes.

Comme l’explique Bloomberg, l’augmentation des coûts de l’énergie génère de l’inflation, ce qui pousse les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt. Or, le déploiement des infrastructures solaires ou éoliennes exige des capitaux de départ très importants.


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