Une IA open source pour transformer la découverte de médicaments

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L’organisation philanthropique fondée par Mark Zuckerberg et son épouse Priscilla Chan mise sur un modèle d’intelligence artificielle dédié à la conception de nouvelles protéines, une avancée déterminante dans le développement de traitements innovants.

Le fondateur de Meta, Mark Zuckerberg, et son épouse Priscilla Chan ont présenté, mercredi 27 mai, via leur organisation philanthropique — la Chan Zuckerberg Initiative (CZI) — un modèle d’intelligence artificielle dédié à la recherche médicale.

Baptisé Biohub, ce dispositif vise à analyser, prédire et — fait inédit à cette échelle — concevoir des protéines entièrement nouvelles, adaptées à des pathologies spécifiques. Une avancée majeure, tant ces molécules sont au cœur des mécanismes du vivant.

Ces biomolécules interviennent en effet dans la réponse immunitaire, la réparation cellulaire, la production d’énergie, l’évolution des maladies ou encore la signalisation tumorale. Leur conception demeure toutefois extrêmement complexe, en raison de leur repliement en structures tridimensionnelles d’une grande sophistication, où la moindre variation peut en altérer la fonction.

Biohub s’appuie sur l’intégration des modules ESMC, ESM42 et ESM Atlas, constituant un moteur de découverte capable d’examiner des milliards de séquences protéiques et d’anticiper leur comportement dans des conditions proches du réel.

Un saut qualitatif décisif

L’Atlas, pièce centrale du dispositif, regroupe à lui seul plus de 6,8 milliards de séquences protéiques et plus de 1,1 milliard de structures prédites. Ce qui en fait l’une des bases de données biologiques assistées par IA les plus vastes jamais constituées.

L’enjeu est d’autant plus considérable que, par le passé, les chercheurs consacraient souvent plusieurs années à l’étude d’une seule protéine. L’approche évoque AlphaFold, le système de DeepMind devenu une référence mondiale depuis 2020 grâce à sa capacité à prédire le repliement de protéines existantes.

Le modèle ESM développé dans le cadre de Biohub ambitionne toutefois d’aller plus loin, en générant des protéines inédites, conçues pour interagir avec des cibles biologiques précises associées à différentes pathologies.

Un pari à sept milliards de dollars

« Nous avons vérifié les capacités du modèle et validé nombre de ses prédictions à la fois dans des maladies immunitaires et des cas de cancer… C’est très prometteur. Nous espérons qu’une fois ces modèles rendus publics, d’autres les adopteront rapidement pour s’attaquer aux problèmes qu’ils rencontrent en laboratoire », a déclaré Priscilla Chan, citée par Reuters.

En misant sur l’open source, Biohub entend élargir l’accès à ces technologies. Des laboratoires universitaires, y compris dans des pays comme le Sénégal, le Kenya, l’Inde ou l’Argentine, pourraient ainsi bénéficier de capacités de recherche comparables à celles des grandes entreprises pharmaceutiques, qui investissent massivement en R&D.

Fondée en 2015, la Chan Zuckerberg Initiative a déjà consacré plus de 7 milliards de dollars à la recherche biomédicale. Ses fondateurs se sont par ailleurs engagés à céder 99% de leurs parts dans Meta au cours de leur vie.


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