Johnson & Johnson fait chou blanc dans la lutte contre le sida

Santé Une

La firme biopharmaceutique a vu un de ses essais cliniques anti-VIH échouer, amenuisant de fait l’espoir de création à court terme d’un sérum susceptible d’enrayer la dynamique de cette autre pandémie.

Le Coronavirus occupe les esprits et mobilise presque toutes les énergies depuis plus d’un an, mais la croisade scientifique contre les autres agents pathogènes se poursuit dans les laboratoires. Notamment chez Johnson & Johnson (J&J) qui a mis en route depuis 2017 la phase 2 de son traitement vaccinal contre le VIH. Soit quatre ans d’investissement pour au finish découvrir que cela ne mérite pas d’aller plus loin.

La firme américaine a en effet annoncé fin août que ses travaux impliquant cinq pays d’Afrique, dont le Malawi, le Mozambique, la Zambie, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe n’ont pas abouti. En cause, l’incapacité du vaccin expérimental à aider les personnes à se prémunir suffisamment contre le virus. L’essai clinique nommé Imbokodo et auquel ont pris part 2 600 femmes n’offre que 25% d’efficacité contre le sida, selon J&J. Pour parvenir à sa mise au point, le groupe pharmaceutique a eu recours aux vecteurs viraux, caractéristiques de ses doses anti-Covid. Mais avec moins de succès cette fois, malheureusement.

Le combat continue

Pour autant, ses responsables ne renoncent pas au combat contre le VIH. Au contraire, ils estiment que l’échec d’Imbokodo pourrait constituer un nouveau grain semé dans cette bataille qui mobilise la science depuis le début des années 1980 et l’apparition du sida. Un autre vaccin de J&J est d’ailleurs déjà en cours d’expérimentation sur une cible différente : une population masculine des États-Unis, d’Europe et d’Amérique du Sud ayant des relations sexuelles entre elle ou avec des transgenres. Mais ses conclusions ne devraient pas être connues avant 2024.

Moderna, autre entreprise active dans la lutte contre le Covid-19, travaille également sur un vaccin intégrant l’ARN messager, technologie dont l’épidémie en cours a révélé l’énorme potentialité pour l’humain.

Une pandémie qui éprouve

Toutes ces initiatives suscitent de l’espoir. Mais elles témoignent surtout de la difficulté du monde scientifique à faire face au virus du sida malgré les grandes avancées que représentent les antirétroviraux, le traitement prophylaxie pré-exposition et les nombreux outils de prévention pour la croisade anti-VIH. Ce qui n’empêche pas d’enregistrer près de deux millions de nouvelles infections chaque année, à en croire l’Onusida. Les contaminations ont de fait atteint 76 millions, dont 35 millions de morts, depuis l’apparition du virus. D’où l’investissement pour le vaccin, seul moyen d’arrêter cette spirale.


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