Une mine de charbon à South Kalimantan, en Indonesie.

Charbon : Standard Bank s’engage à mieux considérer l’Accord de Paris

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Sous la pression de ses actionnaires, dont le milliardaire britannique Christopher Hohn, Standard Bank a décidé de mieux prendre en considération les objectifs de l’Accord de Paris dans ses opérations. Même si elle continuera de financer des activités liées au charbon.

Standard Bank vient de publier sa politique en matière de financement des projets miniers liés au charbon. Dans un document intitulé Thermal Coal Mining Policy, la banque n’engage pas de grandes révolutions en la matière, mais fait un petit pas en avant. Dans une Afrique encore fortement dépendante du charbon, la banque dit vouloir « tenir compte de la situation énergétique de la région et de la demande énergétique future par rapport à la stratégie énergétique des gouvernements, au changement climatique, aux engagements carbone et aux plans d’adaptation ».

Standard Bank joue la carte de l’Accord de Paris

Conscient de l’urgence climatique et de la portée limitée de son engagement, Standard Bank promet d’évoluer vers un mix énergétique diversifié, qui exclura progressivement le charbon.

L’établissement sud-africain estime que les institutions financières du monde entier ont un rôle essentiel à jouer dans le cadre de l’objectif de l’Accord de Paris. C’est pourquoi lui veut s’assurer de « rendre les flux financiers mondiaux cohérents avec une voie vers de faibles émissions de GES et un développement résilient au changement climatique ».

Dans ce contexte, Standard Bank a prévu cesser le financement des activités de Mountaintop removal mining, des mines à déplacement de sommet, nécessitant un recours massif aux explosifs. En 2019, la banque avait déjà renoncé à injecter des fonds dans deux projets privés de centrales au charbon en Afrique du Sud (630 MW à Thabametsi, 306 MW à Khanyisa).

Christopher Hohn lève le bâton contre les banques

Le changement de cap de Standard Bank en matière de financement des projets miniers intervient quelques mois après que les actionnaires du groupe bancaire sud-africain ont majoritairement adopté une résolution qui impose que soit rendue publique, la politique de prêts aux entités qui exploitent le charbon ou l’utilisent dans des centrales de production d’énergie électrique.

Aussi, Christopher Hohn, le patron d’un des plus puissants hedge funds du monde, a agité une menace à l’encontre des banques. En décembre 2019, le milliardaire britannique a promis de lancer des poursuites judiciaires contre les établissements bancaires qui ne mettraient pas fin à leur soutien de l’industrie du charbon. Il a surtout prévenu qu’il leur couperait des vivres. « Investir dans une société qui n’est pas transparente en matière de pollution est comme investir dans une société qui ne publie pas son bilan », avait déclaré celui qu’on appelle le « Greta Thunberg » des fonds activistes.


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