Le dernier spectacle céleste a eu des répercussions sur la santé oculaire de nombreuses personnes ayant osé l’observer sans préalablement se protéger.
À chaque éclipse solaire ou presque, ses victimes. Celle du 12 août 2026 n’a pas fait exception, notamment en France. De nombreux témoignages ont ainsi fait état, dès le lendemain, d’une hausse des consultations ophtalmologiques corrélées à ce phénomène rare.
Il marquait en effet le retour en Europe d’une éclipse totale pour la première fois depuis de nombreuses années. « J’ai appelé mes collègues, qui m’ont fait un retour sur la situation et m’ont décrit effectivement une augmentation », a déclaré le Dr Arnaud Klokner, ophtalmologiste à l’hôpital Cochin, situé dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, le 13 août sur BFMTV.
S’il n’était pas, pour l’heure, en mesure de quantifier précisément cette ruée, le lien avec l’éclipse ne fait aucun doute. La même situation a été constatée, d’après Vincent Dedes, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), dans le Pas-de-Calais, avec une progression de 20% des consultations.
Gêne visuelle, tache, déformation des images
« On doit être à ces volumes partout en France », ajoute le patron du Snof auprès de BFMTV, qui exclut tout cas grave pour l’instant. Les recherches « mal aux yeux » ont d’ailleurs explosé de plus de 5 000% au cours des 24 heures qui ont succédé à l’éclipse, toujours selon BFMTV.
Vincent Dedes évoque « principalement des patients inquiets, qui cherchent à être rassurés après ce qui a été parfois des erreurs d’utilisation ». Les plaintes de douleurs oculaires ou de flou visuel sont souvent revenues, à en croire Arnaud Klokner.
Il appelle cependant à distinguer les différents symptômes. D’après lui, l’atteinte rétinienne, c’est-à-dire la maculopathie liée à la lumière, est parfaitement indolore. « Il ne faut surtout pas la confondre avec tous les symptômes de sécheresse oculaire, qui sont probablement aussi liés à la chaleur. Dans ce contexte de canicule, plus qu’à l’éclipse », affirme-t-il.
Le danger d’une baisse de l’acuité visuelle
L’ophtalmologiste alerte sur une diminution de l’acuité visuelle – la faculté de voir de loin – et un scotome central, c’est-à-dire une tache dans le champ visuel, qui sont bien plus problématiques.
Il s’agit, selon le spécialiste, de symptômes assez immédiats, qui, dans les cas les plus sévères, sont susceptibles d’abîmer les photorécepteurs pile au centre de la rétine. « On s’en rend compte assez bien normalement », ajoute Arnaud Klokner, qui précise qu’il s’agit d’un phénomène sanitaire extrêmement rare.
À preuve, après l’éclipse totale de 1999, 1 024 patients ont consulté pour suspicion de lésions en France, dont 147 (soit 14%) présentaient une atteinte de la rétine et 106 (10%) une atteinte de la cornée, selon les chiffres évoqués par BFMTV.
