Une pétition à succès propose de reporter la chasse après les graves incendies de l’été afin de préserver une faune sauvage déjà très meurtrie. Le plaidoyer fait débat.
Au moins 500 000. C’est le nombre de signatures recueillies par une pétition appelant, en France, à « un moratoire immédiat de la chasse dans nos forêts incendiées ». Initiée par Bruno Valentin, qui tient un refuge personnel pour animaux dans le Cantal, en Auvergne, la proposition met en avant les sinistres survenus cet été dans les forêts.
Au moins 119 000 hectares ont été ravagés par les flammes sur le territoire national. Dans ce tableau presque apocalyptique, la Gironde a été particulièrement touchée, avec 75 sapeurs-pompiers blessés et plus de 200 000 personnes évacuées.
Quant au coût invisible, notamment pour la faune sauvage, il est sans doute loin d’être négligeable. Dans ces conditions, chasser comme si de rien n’était pourrait relever de l’inconscience, au regard du rôle écologique joué par les animaux sauvages.
« Comment peut-on accepter que des équipages de chasse à courre lancent leurs meutes sur des animaux déjà traumatisés ? Comment justifier que l’on tire sur des êtres vivants qui n’ont plus aucun buisson où se cacher ? », interroge ainsi la pétition.
Pour un moratoire général
« Je ne suis pas anti-chasse, mais dans certains endroits, comme ces régions-là, je pense qu’aujourd’hui, il faut laisser les animaux tranquilles », défend une promeneuse rencontrée en Gironde par France TV.
Un autre témoin appuie : « On voit les bêtes, elles ont soif. Après les feux qu’il y a eu, c’est incroyable. Donc non, pas de chasse. » La pétition plaide pour plusieurs mesures, dont « l’interdiction totale de toute forme de chasse — tir, chasse à courre, vénerie sous terre — dans tous les massifs forestiers ayant subi des incendies durant l’été 2026 ».
À cela s’ajoutent l’établissement d’un « périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués », ainsi qu’« un moratoire de trois ans minimum, le temps nécessaire pour que la végétation se régénère et que les cycles de reproduction reprennent naturellement ».
L’État préfère une réponse ciblée
« C’est excessif », rétorque un chasseur, toujours en Gironde, au micro de France TV. Selon lui, les espèces qui ont le plus souffert ne sont pas celles qui peuvent être chassées. « C’est la petite faune : les écureuils, les hérissons et les reptiles », affirme-t-il.
Conscient de la situation, l’État privilégie une réponse ciblée, adaptée à chaque territoire sinistré. « Le gouvernement fait le choix de la confiance au terrain, considérant que des mesures nationales n’étaient pas adaptées aux différentes réalités territoriales », indique le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefevre, cité par Le Monde, alors que l’ouverture de la chasse est fixée au 13 septembre.
« C’est une catastrophe pour le monde cynégétique et pour ces pauvres animaux. Il va falloir repeupler. À mon avis, les chasseurs, à 95%, sont sensibles à cette situation. Je suis certain qu’ils prendront les bonnes décisions », estime Jean-Luc, auditeur du Puy-de-Dôme, sur RTL.
