Royaume-Uni : taxer les riches pour payer l’énergie du peuple

Ecologie Solidarités Une

Le chef du Parti Vert d’Angleterre et du Pays de Galles, Zack Polanski, expose sa vision d’une économie décarbonée, équitable et souveraine, dans un entretien à Bloomberg.

Dans un contexte où les ambitions climatiques reculent à l’échelle mondiale, Zack Polanski apparaît comme une figure singulière, tant par son parcours politique que par les initiatives qu’il défend. Né en 1982 dans une famille juive ayant fui la Pologne pour échapper à l’occupation nazie, le chef des Verts d’Angleterre revendique une proximité assumée avec le peuple.

Pour celui qui se définit comme un éco-populiste, la crise environnementale ne constitue pas un dossier parmi d’autres ; elle représente la grille de lecture à travers laquelle toutes les politiques publiques devraient être élaborées.

« On ne peut pas parler de logement sans parler de la crise climatique », affirme-t-il dans un long entretien récemment accordé au podcast « Zero: The Climate Race » de Bloomberg, citant l’exemple des maisons britanniques, parmi les moins bien isolées d’Europe.

D’après lui, un vaste plan d’isolation permettrait non seulement de réduire les factures énergétiques, mais aussi de diminuer les émissions de CO₂ tout en créant des centaines de milliers d’emplois verts bien rémunérés.

Une économie repensée autour du climat

Cette problématique est d’autant plus urgente alors que les tensions militaires au Moyen-Orient — impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran — entraînent une flambée des prix du pétrole et du gaz. Face à cette situation, Polanski préconise la constitution d’un fonds de 8,4 milliards de livres sterling afin de prévenir toute hausse supplémentaire des factures au-delà du plafond fixé jusqu’en juin.

À plus long terme, l’ancien membre des Libéraux-démocrates défend un système tarifaire progressif par paliers, dans lequel les premiers kilowattheures consommés seraient gratuits. « Nous ne pouvons pas laisser les gens grelotter en hiver ni vivre dans des logements humides et insalubres », insiste-t-il.

Pour financer ces mesures sans aggraver le déficit, le dirigeant écologiste mise sur une réforme de la fiscalité : harmoniser l’imposition des plus-values avec celle des revenus du travail.

« Nous taxons le travail plus que la richesse accumulée, et c’est profondément injuste », dénonce-t-il, ajoutant que cette distorsion permet à une minorité ultra-riche de « racheter notre démocratie et nos médias » une fois tous les actifs disponibles acquis.

Un discours rafraîchissant qui séduit

Ce discours tranché apporte un souffle nouveau dans le paysage politique britannique, où le gouvernement travailliste est régulièrement accusé d’ambiguïté sur les sujets sociaux et environnementaux. Cet écart de ton contribue sans doute à l’ascension du Parti Vert.

Comme l’indique Bloomberg, depuis son arrivée à la tête du mouvement à l’été 2024, Zack Polanski a transformé une formation marginale en une force électorale crédible. Selon plusieurs sondages récents, celle-ci devance désormais le Labour au pouvoir ainsi que les Conservateurs, qui monopolisent la vie politique britannique depuis un siècle.

La victoire surprise, en février dernier, de sa candidate Hannah Spencer lors de la première élection partielle à Gorton and Denton illustre avec éclat cette dynamique prometteuse.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *