Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, la planète est prise dans un déséquilibre énergétique sans précédent, les onze dernières années ayant été les plus chaudes jamais enregistrées.
La Terre absorbe désormais bien plus d’énergie qu’elle n’en libère. C’est le constat dressé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son rapport publié le lundi 23 mars 2026, qui intègre pour la première fois la notion de déséquilibre énergétique.
Ce terme désigne la différence entre la chaleur reçue du Soleil et celle renvoyée par notre planète vers l’espace. Or, le déséquilibre atteint aujourd’hui un niveau record depuis la première édition du rapport State of the Global Climate, publiée en 1960.
Pour illustrer la situation, Ashkay Deoras, chercheur au National Center for Atmospheric Science de l’Université de Reading, recourt dans les colonnes du New York Times (NYT) à une métaphore domestique.
Selon lui, tout comme une pièce mal ventilée retient la chaleur, la Terre voit sa température croître en continu, les gaz à effet de serre empêchant la dissipation naturelle de l’énergie vers l’espace. Le mécanisme de refroidissement planétaire se trouve ainsi progressivement paralysé.
Un déséquilibre amplifié par l’activité humaine
« Le déséquilibre énergétique donne une vision d’ensemble », explique au NYT Karina Von Schuckmann, coautrice du rapport et conseillère principale à Mercator Ocean International, à propos de ce phénomène longtemps mesuré.
Ce dérèglement trouve son origine dans les émissions croissantes de gaz à effet de serre — dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote —, issus des activités humaines. Ces composés, particulièrement efficaces pour piéger la chaleur solaire, empêchent son retour vers l’espace.
La situation est d’autant plus préoccupante que, selon l’OMM, les onze dernières années sont, sans exception, les plus chaudes jamais enregistrées depuis le début des observations météorologiques modernes. En 2025, la température moyenne mondiale a dépassé de 1,43 °C les niveaux préindustriels, c’est-à-dire ceux d’avant l’essor massif des énergies fossiles.
Les océans, premiers réceptacles d’une chaleur qui déborde
Les chercheurs estiment que les océans absorbent près de 90% de cet excès d’énergie. Conséquence : leur réchauffement a plus que doublé en deux décennies, avec des effets en chaîne bien au-delà des zones marines.
Parmi eux, l’acidification progressive des eaux, l’intensification des tempêtes tropicales et la fonte accélérée des calottes glaciaires, qui alimente la montée du niveau des mers. Une menace directe pour les populations vivant près des côtes basses.
Les 10% restants de chaleur s’accumulent dans l’atmosphère, qui se réchauffe à hauteur d’environ 1%, et sur les continents pour environ 5%. « Notre dépendance aux combustibles fossiles déstabilise à la fois le climat et la sécurité mondiale », alerte le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, soulignant l’urgence d’une transition énergétique rapide et globale.
