Népal : le fonds climat de l’ONU à l’œuvre

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Le pays d’Asie du Sud, récemment victime d’inondations meurtrières, va bénéficier d’une enveloppe de 20 millions de dollars provenant du dispositif onusien destiné à accompagner les pays en développement particulièrement vulnérables aux conséquences du changement climatique.

Pour la première fois depuis sa création en 2022, le Fonds des Nations unies consacré aux pertes et préjudices climatiques (FRLD, selon son sigle anglais) va entrer dans sa phase opérationnelle.

Son conseil a en effet annoncé, le 22 octobre 2026, l’allocation de 20 millions de dollars au bénéfice du Népal. Ce financement, accordé après une demande formelle du pays, vise à aider celui-ci à tourner la page du 26 août 2026.

Ce jour-là, le Népal a été frappé par des crues dévastatrices, provoquées par l’effondrement d’une masse de glace et de roches dans l’Himalaya, près de la frontière avec le Tibet. L’incident a déclenché un torrent chargé de boue et de débris dans le réseau des rivières Bhotekoshi, Trishuli et Narayani-Gandak.

Bilan, selon des chiffres officiels rapportés par Reuters : environ 1 500 morts et plus de 5 000 personnes toujours portées disparues. Au total, plus de 60 000 habitants issus de 15 000 familles ont été touchés, d’après la même source.

Une alerte pour le monde

« C’est l’une des manifestations les plus concrètes de l’injustice climatique sur laquelle le secrétaire général António Guterres ne cesse d’alerter », commente Jorge Moreira da Silva, directeur exécutif du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), interrogé par la plateforme Wion.

Des propos qui font écho à ceux du Premier ministre népalais Balendra Shah, tenus le mois dernier en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« La catastrophe de Bhotekoshi-Trishuli n’était pas seulement une tragédie locale. C’était un avertissement adressé au monde. Et je vous pose aujourd’hui cette question : avons-nous réellement entendu cet avertissement ? », avait-il demandé du haut de la tribune, décrivant un changement climatique « qui ne connaît pas de frontières ».

C’est d’autant plus vrai que le Népal ne représente que 0,08% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon Jorge Moreira da Silva.

Une enveloppe très en deçà des besoins

« Nous n’avons pas provoqué cette crise, et pourtant nous en payons un prix colossal. Nos glaciers reculent. Nos versants deviennent instables. Nos rivières deviennent moins prévisibles. Et chaque catastrophe majeure menace d’effacer des années de développement », avait en outre déclaré Balendra Shah.

Les 20 millions de dollars consentis par le FRLD représentent moins de 0,5% des 4,78 milliards de dollars que le gouvernement estime nécessaires à la reconstruction du pays. Il s’agit également du montant maximal qu’un pays peut solliciter dans une seule demande au titre de ce mécanisme de financement.

Celui-ci fait justement l’objet de critiques en raison de la faiblesse des contributions promises par les pays les plus riches. À ce jour, ces engagements s’élèvent à environ 822 millions de dollars.


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