Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme a annoncé une nouvelle vague de licenciements touchant environ 12 % de sa main-d’œuvre outre-Atlantique, dans le cadre d’une restructuration destinée à maîtriser ses coûts et à accélérer son chemin vers la rentabilité.
D’après un mémo interne consulté par Reuters, Lucid Motors s’apprête à lancer un plan de réduction d’effectifs touchant environ 12% de son personnel aux États‑Unis. Avec près de 6 800 employés à temps plein dans le monde fin 2024, cette mesure devrait concerner plusieurs centaines de postes.
Bien qu’aucune précision n’ait été donnée sur les services visés, un représentant de l’entreprise a indiqué à l’agence de presse que les salariés rémunérés à l’heure œuvrant dans la production, la logistique et le contrôle qualité seront épargnés. Sand doute une manière de préserver le cœur industriel de la marque.
Les employés concernés bénéficieront d’indemnités de départ, de primes, du maintien de leur couverture santé ainsi que d’un accompagnement pour faciliter leur reconversion professionnelle.
Une production en hausse, mais des finances fragiles
« Nous rationalisons notre organisation afin de pouvoir fonctionner plus efficacement et tenir nos engagements en matière d’amélioration de la marge brute et de croissance à long terme », argue le directeur général Marc Winterhoff dans le document cité par Reuters.
Cette décision marque le troisième plan social de l’entreprise en l’espace de trois ans. De quoi soulever des interrogations persistantes sur la viabilité économique du groupe malgré des indicateurs de production en nette amélioration.
En 2024, le constructeur a assemblé plus de 18 000 véhicules, soit plus du double de l’année précédente, une performance significative qui témoigne des progrès réalisés sur le plan industriel.
Cette montée en cadence intervient notamment dans le cadre du lancement du Gravity, le SUV électrique de luxe de la marque, dont le démarrage avait été marqué par des difficultés de fabrication et des problèmes de qualité. Malgré ces avancées, la pression financière reste intense.
Un virage vers le grand public et la mobilité autonome
Lucid, dont le principal actionnaire reste le fonds souverain saoudien PIF, continue de cumuler des pertes substantielles et s’efforce de réduire ses coûts structurels pour atteindre la rentabilité.
En parallèle des suppressions d’emplois, le groupe cherche à élargir sa gamme et à cibler un segment plus abordable. Il prépare ainsi le lancement d’un modèle électrique de taille intermédiaire, dont le tarif d’entrée avoisinerait 50 000 dollars, rompant avec son positionnement exclusivement sur le segment ultra‑premium.
Cette nouvelle berline, attendue d’ici la fin de l’année, devrait permettre à Lucid de toucher un public bien plus large et d’accroître sensiblement ses volumes de vente, condition indispensable pour espérer atteindre l’équilibre financier.
En parallèle, l’entreprise explore le domaine de la conduite autonome via un projet de service de robotaxis dans la région de San Francisco, en partenariat avec Uber et la start‑up de livraison autonome Nuro.
