Des chercheurs de Hong Kong ont développé une technologie d’IA avancée capable d’anticiper les épisodes climatiques extrêmes jusqu’à quatre heures avant leur survenue.
Il est toujours avantageux de pouvoir anticiper l’avenir — sans se prendre pour un devin, bien sûr —, surtout lorsqu’il s’agit de phénomènes climatiques. L’équipe de recherche de l’Université des Sciences et Technologies de Hong Kong (HKUST) a ainsi mis au point un dispositif capable de prévoir les orages violents et autres pluies torrentielles jusqu’à quatre heures avant leur survenue.
Cette avancée représente un bond considérable par rapport aux délais d’alerte actuels, limités à 20 minutes ou deux heures. Le système, baptisé Deep Diffusion Model based on Satellite Data (modèle de diffusion profonde fondé sur les données satellites), associe intelligence artificielle générative et observations satellitaires en temps réel.
Le principe, détaillé par Reuters, consiste à injecter du « bruit » dans les données d’entraînement avant d’apprendre à le remonter pour reconstituer une situation donnée. Ce processus améliore progressivement la capacité du modèle à générer des prévisions toujours plus fines.
Les chercheurs ont alimenté leur algorithme avec des milliers d’échantillons d’observations satellitaires et d’analyses détaillées de systèmes nuageux convectifs. Le modèle a été entraîné à partir des données du satellite chinois Fengyun-4 et testé sur une vaste zone de la Chine continentale.
Une prouesse aux résultats préliminaires probants
Selon l’équipe de la HKUST, la précision des prévisions s’est accrue de plus de 15%. Le système actualise ses données toutes les quinze minutes, permettant ainsi un suivi quasi en temps réel des conditions atmosphériques.
« Nous espérons utiliser l’IA et les données satellites pour améliorer la prédiction des événements extrêmes afin de mieux nous y préparer », explique à Reuters, Su Hui, professeur et responsable du département de génie civil et environnemental de la HKUST, qui dirige le projet.
La synergie entre technologies d’IA et observation satellitaire ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention des catastrophes naturelles, à l’heure où le changement climatique accroît la fréquence et l’intensité des intempéries. Avec des conséquences humaines et économiques colossales.
Vers un déploiement opérationnel en Chine et à Hong Kong
C’est d’autant plus vrai que Hong Kong et le sud de la Chine ont connu en 2025 des épisodes d’alerte maximale, et confronté à une succession de typhons et d’épisodes pluvieux bien au‑delà des normales saisonnières, d’après Reuters.
Dans le détail, l’Observatoire de Hong Kong a déclenché à cinq reprises l’an dernier son plus haut niveau d’alerte aux pluies intenses, un seuil généralement réservé aux situations les plus critiques. Le deuxième niveau d’alerte a, lui, été activé 16 fois, là encore un record pour la ville.
Développé en collaboration avec les autorités météorologiques chinoises, le système est actuellement à l’étude pour une utilisation opérationnelle par l’Administration météorologique de Chine et l’Observatoire de Hong Kong.
