L’ancien responsable américain du parti démocrate veut croire qu’il est encore possible d’inverser le rythme du réchauffement climatique, malgré l’assaut du secteur des énergies fossiles et de leurs soutiens politiques à l’instar de Donald Trump.
Dans un monde en proie au chaos climatique, la voix d’Al Gore résonne comme un phare d’espoir. L’ancien vice-président américain, dont l’engagement pour la planète n’est plus à démontrer, a saisi l’occasion d’une conférence tenue vendredi 28 mars 2025 par son ONG « The Climate Reality Project » pour se rappeler au bon souvenir du public.
L’homme de 76 ans a ainsi électrisé son auditoire du Louvre, dans un discours marathon de plus de deux heures d’horloge agrémenté par des diapositives et sa gouaille toujours aussi tranchante, selon le compte-rendu du journal Le Monde.
Face à l’adversité politique incarnée par Donald Trump et dans un contexte international très peu favorable, l’ancien colistier de Bill Clinton défend une vision optimiste où la transition écologique s’impose comme une évidence économique autant que morale.
Il est ainsi convaincu du triomphe du développement des énergies renouvelables malgré les forages de pétrole et de gaz à l’extrême prôné par le nouveau président américain.
Une résistance à tous les niveaux
Al Gore en veut pour preuve, la résistance à tous les niveaux, alors que le développement des énergies vertes accroît concomitamment avec la baisse de leurs coûts. De quoi les rendre de plus en plus accessibles.
« Nous pouvons gagner cette bataille, et nous devons le faire« , a-t-il martelé devant un auditoire international estimé à 800 personnes par Le Monde. Des propos traduits simultanément en douze langues.
Si l’ancien candidat à la Maison Blanche juge la transition écologique comme un horizon indépassable, il ne se fait guère d’illusion sur le moyen d’y parvenir. Et cela exclut le captage et le stockage du CO2.
Cette technologie brandie par certains comme une panacée n’est rien de moins qu’un « échec » selon lui. La raison tient à son coût exorbitant – pour l’heure en tout cas – et son efficacité relative.
L’industrie fossile dans le viseur
Comme l’indique le Prix Nobel de la paix – conjointement avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) –, elles n’auraient permis de capter en 2024, que l’équivalent de douze heures d’émissions mondiales, contre quatre heures en 2004.
« Et on nous dit que cette petite tranche de rien du tout est la source de l’espoir pour l’avenir ?« , se demande-t-il non sans malice, dénonçant « un objet brillant pour détourner notre attention ».
Pour Al Gore, l’ennemi à combattre n’est autre que l’industrie des énergies fossiles, qui « a recours à la fraude et au mensonge à une échelle industrielle pour cacher les faits et poursuivre ses affaires ».
« C’est un crime de guerre, l’un des pires jamais commis« , tranche l’ex-vice président américain, dont le message a galvanisé l’assistance, d’après quelques réactions recueillies par Le Monde.