« Combien de morts encore ? » : Berlin se soulève pour l’Iran

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Une marrée humaine s’est rassemblée dans la capitale allemande pour exprimer sa solidarité avec le mouvement de protestation qui secoue l’Iran depuis plusieurs semaines, rejetant toute intervention étrangère.

Sous un ciel hivernal, bercé par les slogans hostiles à la République islamique, Berlin a été, ce samedi 7 février 2026, le théâtre d’une vaste mobilisation en soutien au soulèvement en cours en Iran.

Depuis décembre dernier, Téhéran est le foyer d’un mouvement de résistance populaire nourri par un profond désarroi économique. En réaction, le pouvoir en place a opté pour la répression, causant des milliers de morts selon les autorités, et entraînant plus de 50 000 arrestations, d’après l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

De nombreux blessés, privés de soins appropriés, risquent à leur tour de succomber à leurs plaies. « Combien de jeunes devront encore mourir pour que ce régime brutal disparaisse enfin d’Iran ? Combien de sacrifices faudra-t-il avant que les dirigeants du monde ouvrent les yeux ? » s’est indigné avec émotion un manifestant présent sur les lieux.

Environ 8 000 personnes s’étaient rassemblées à 13 h GMT près de la Porte de Brandebourg, selon la police berlinoise citée par Reuters, tandis que les organisateurs évoquaient une affluence déclarée de 20 000 participants.

Fidélité à la lutte populaire

Ces derniers revendiquent toutefois une mobilisation bien plus importante, estimée à près de 100 000 personnes.

Au milieu d’une marée de drapeaux iraniens, de portraits de victimes et de pancartes réclamant « liberté » et « justice », la foule avait les regards tournés vers un écran géant diffusant le message de Maryam Radjavi, cheffe de l’opposition iranienne en exil.

Les participants – soutenus par 344 organisations et figures politiques, dont des groupes d’amitié parlementaires pour l’Iran, des syndicats ainsi que des acteurs de la société civile à différents échelons européens – étaient également appuyés par 312 associations iraniennes basées en Europe.

Ensemble, ils ont scandé des slogans exigeant la chute du régime de Téhéran, tout en rejetant fermement toute intervention étrangère armée.

L’option de la résistance organisée

« Regime Change, Not War » (« Changement de régime, pas la guerre »). Tel était le mot d’ordre scandé également par l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui a pris la parole en ligne après l’annulation de son vol.

La manifestation berlinoise traduit une exigence essentielle : celle du droit du peuple iranien à choisir librement son destin. Les protestataires appellent ainsi la communauté internationale à reconnaître la légitimité d’un changement issu de l’intérieur, sans recours à la force militaire.

« L’histoire a prouvé qu’aucune guerre n’a jamais permis d’instaurer la démocratie, et qu’aucune négociation avec ce régime n’a porté ses fruits », a déclaré l’un des orateurs, cité par la chaîne APT, alors que Washington menace Téhéran d’une offensive en cas d’échec des prochaines discussions diplomatiques.


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