Des voitures sur une autoroute de Moscou, en Russie.

Confinement : le télétravail, bon pour l’environnement 

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Si, dans le secteur privé français, 29% des salariés l’utilisaient de façon occasionnelle ou régulière en 2018, le télétravail s’est invité, ces dernières semaines, dans presque toutes les entreprises à cause du confinement contre le coronavirus. Et cette pratique serait bénéfique pour l’environnement : avec moins de déplacements, il y a moins d’émissions de polluants.

Le trafic automobile, un très grand pollueur

Rester travailler chez soi au lieu d’utiliser sa voiture pour se rendre au bureau. Tel est le vœu formulé par le gouvernement français, qui avait assoupli la réglementation encadrant le travail, à l’automne 2017. Les déplacements quotidiens des travailleurs sont en effet sources d’importantes émissions de polluants. Par exemple, en France, le trafic automobile contribue à 56% des émissions d’oxyde d’azote, 23% des rejets des polluants PM10 et 27% pour le PM 2.5, deux microparticules nocives pour la santé, relève Airparif.

En 2018, au moins 29% des salariés du secteur privé pratiquaient déjà le télétravail de façon occasionnelle ou régulière (contre 25% en 2018), selon une enquête Ifop. Dans ce contexte de pandémie de coronavirus, ce chiifre va plus que tripler. Cette tendance concerne également les employés du public et les travailleurs libéraux. Tout le monde étant contraint de passer au télétravail à cause du confinement imposé depuis mi-mars, et dont la période a été prolongée de deux autres semaines.

3,2 milliards de litres d’essence économisés par an par les télétravailleurs américains

En attendant les données sur l’impact du télétravail sur l’environnement en cette crise sanitaire, rappelons que plusieurs études ont déjà montré les bénéfices du travail à domicile. Selon la Consumer Electronic Association (CEA), qui regroupe les principales entreprises de l’électronique américaines, le travail à distance assisté par les nouvelles technologies permettrait d’économiser de 9 à 14 milliards de kilowatts-heure (kWh) d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation d’un million de foyers américains. Aussi, plus de 3,9 millions de télétravailleurs américains économisent 3,2 milliards de litres d’essence par an. Ce qui se traduit par de 14 millions de tonnes de CO2 de moins dans l’atmosphère. Un impact correspondant à celui de 2 millions de voitures sur les routes.

Le télétravail, un outil à renforcer

Toutefois, le télétravail ne constitue pas la solution miracle aux problèmes environnementaux, surtout pour la pollution de l’air. Patrice Tissandier, enseignant chercheur au laboratoire Théoriser et modéliser pour aménager (Théma) estime qu’après le confinement, « Il faut avoir une vision globale de la mobilité, proposer un panel de solutions afin que chaque individu puisse opter pour celle qui lui corresponde ». Il évoque notamment l’incitation au covoiturage via le développement d’un service interne de mise en relation, l’utilisation du vélo avec des aides à l’achat, ou encore la création d’un service de navette spécifique.


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