La banque prévoit de supprimer 1 800 postes dans ses opérations françaises d’ici 2027, sans passer par la case licenciements.
Un vaste chantier s’ouvre au sein de la Société Générale, où des suppressions d’emplois ont été annoncées. D’après un projet présenté jeudi 22 janvier 2026 aux représentants du personnel lors d’une consultation formelle, la banque au logo rouge et noir prévoit de se séparer de 1 800 postes en France d’ici à 2027.
Cette initiative s’inscrit dans une transformation structurelle profonde, destinée à adapter le modèle économique de l’établissement aux exigences de l’ère numérique. À l’instar de nombreuses banques traditionnelles à travers le monde, le groupe est confronté à l’essor du numérique, qui redéfinit les usages bancaires.
Les clients privilégient désormais les applications mobiles et les services en ligne, délaissant peu à peu les agences physiques. Cette mutation oblige les établissements historiques à revoir leur organisation, à rationaliser leur réseau et à investir massivement dans la technologie.
Le plan esquissé par la direction prévoit ainsi une moindre dépendance aux structures classiques, une refonte des processus internes et une redistribution des missions au sein des équipes.
Une réorganisation majeure, sans départs contraints
Selon la banque citée par Capital, les suppressions de postes toucheront plusieurs activités et fonctions centrales au siège, ainsi que l’organisation régionale de la banque de détail en France. Le réseau d’agences, très sensible pour l’image de proximité du groupe, ne serait en revanche pas concerné à ce stade.
Le groupe qui emploie environ 40 000 collaborateurs en France, insiste sur l’absence de licenciements contraints et affirme que ce plan reposera sur l’attrition naturelle (départs à la retraite, mobilités externes) et la réaffectation en interne.
La direction estime selon les informations de Capital, que, compte tenu d’un taux de départs naturels de l’ordre de 5% par an et d’un gel relatif des recrutements, elle peut absorber cette réduction des effectifs sans recourir aux dispositifs classiques d’accompagnement (plans de départs volontaires, dispositifs seniors, reclassements massifs).
Des répercussions au-delà de la banque
Pour les syndicats, et en particulier la CGT, cette stratégie s’apparente à une « politique du fait accompli ». L’organisation dénonce un choix qui contourne les outils habituels de négociation sociale, tout en faisant peser l’essentiel de l’ajustement sur la dégradation progressive des conditions de travail et des perspectives de carrière.
La déception des travailleurs est d’autant plus palpable que les conséquences économiques et sociales s’étendront bien au-delà de l’établissement lui-même, touchant les familles, les communautés locales et l’économie française dans son ensemble.
Le projet présenté doit encore être formellement examiné dans le cadre du dialogue social, avec une séance exceptionnelle des représentants du personnel annoncée pour la fin avril par la CGT.
