Le lycée Timberline, situé dans le sud-est de Boise, dans l’État de l’Idaho, est dans la tourmente depuis la fuite de messages menaçant d’infliger à une élève la même expérience, voire pire, que celle rapportée par la victime présumée d’une affaire de viol collectif dans une université d’Ithaca, dans l’État de New York.
« Pendons-la à un lampadaire et laissons les oiseaux lui picorer le cerveau pendant des jours. » « Sale pute débile. » Ou encore : « Faisons de sa vie un enfer. » Ce sont quelques-uns des messages qui ont circulé ces dernières semaines dans un groupe WhatsApp de lycéens de Timberline, un établissement public américain.
Ces échanges, consultés par le Washington Post, visent une camarade que les auteurs disent vouloir traiter comme cette autre fille de l’université Cornell, dont l’histoire fait à nouveau couler beaucoup d’encre depuis quelques semaines.
Les faits remontent à octobre 2024, lorsque « Jane Doe », 20 ans, aurait été violée pendant plusieurs heures par sept étudiants de la fraternité Chi Phi, après une soirée arrosée. La jeune femme affirme également avoir été forcée à consommer de la kétamine.
Une histoire de couple qui a mal tourné
Les faits, signalés à la direction quelques jours plus tard, auraient été minimisés, selon la plaignante. À l’en croire, seuls deux des sept agresseurs présumés ont été exclus, tandis que les cinq autres ont écopé de sanctions moins sévères, comme des suspensions temporaires ou l’obligation d’écrire une dissertation.
Des accusations que conteste cette université membre de l’Ivy League, alors que la jeune femme a désormais engagé une action civile contre les sept hommes concernés et Cornell. C’est cette expérience traumatisante que des élèves de Timberline promettent d’infliger à l’une des leurs, sur fond d’histoire de couple qui aurait mal tourné, d’après le Washington Post.
« Elle nous laisserait sûrement tous la b***er. Vous trouvez que Cornell, c’était grave ? Attendez de voir ce qu’on va faire », écrit notamment l’un des lycéens du groupe à propos de cette camarade, qui a depuis renoncé aux cours en présentiel.
Une mobilisation pour soutenir la victime
Des messages qualifiés d’« absolument horribles » par Shelley Bonds, directrice de secteur, alertée le 2 octobre par une autre lycéenne et sa mère. Depuis, les réunions se sont multipliées.
Le proviseur Chad Wright a rencontré le personnel, informé les élèves dans une vidéo et constitué une cellule de crise. Deux jours plus tard, plus de 100 jeunes de l’établissement ont quitté les cours pour manifester leur soutien aux victimes de violences sexuelles.
« Qu’ils répondent de leurs actes », « Le viol n’est pas une plaisanterie », « Pour une école sûre », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants. « C’était absolument dégoûtant de voir des gens de mon âge parler de quelqu’un de cette manière », a déclaré pour sa part, toujours au Washington Post, Bethany Aldrich, une élève de 17 ans du lycée Aahi, à Meridian, une ville voisine de Boise.
Alors que les craintes de voir l’affaire passer par pertes et profits se multiplient, la direction de Timberline est sortie du bois, évoquant une enquête qui suit son cours, indépendamment de la furie des réseaux sociaux.
