Le décès d’une employée de l’Institut de recherche antipeste d’Irkoutsk ravive les craintes d’un nouvel épisode de cette maladie infectieuse, potentiellement très contagieuse. Le manque de transparence des autorités alimente ces inquiétudes.
Peste ou pas peste ? La question est sur toutes les lèvres, en Russie et ailleurs, depuis les informations rapportées vendredi 2 octobre par la presse locale au sujet d’un possible accident dans un laboratoire spécialisé dans l’étude de cette infection.
D’après le média indépendant russe « Peuples du Baïkal », abondamment cité par la presse occidentale, Daria Tchipilova, 28 ans, employée de l’Institut de lutte contre la peste situé à Irkoutsk, serait décédée après avoir été en contact avec un tube à essai brisé.
Selon la même source, jusqu’à 200 autres personnes que la laborantine aurait pu côtoyer auraient été placées en quarantaine pour au moins trois semaines. Plusieurs hôpitaux de cette région de Sibérie auraient également été fermés.
Cette information a de quoi faire paniquer plus d’un, au regard de la dangerosité de la maladie, surtout sous sa forme pulmonaire. « C’est une quasi-liquéfaction du tissu pulmonaire. Elle a une mortalité extrêmement importante et, en plus, elle est très contagieuse d’homme à homme », explique Robert Sebbag, infectiologue interrogé par LCI.
Branle-bas de combat général
Le FSB serait d’ailleurs « à la manœuvre pour surveiller la quarantaine », avance Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, toujours sur LCI. La situation serait, selon lui, d’autant plus sérieuse qu’un accident concernant l’anthrax avait déjà eu lieu en 1979 au même endroit.
« Si quelque chose de ce genre venait à s’échapper, cela pourrait se propager rapidement. Donc nous regardons et surveillons de très près », a déclaré le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, signe d’une inquiétude grandissante au-delà des frontières russes.
Même le président Donald Trump a dit suivre la situation de très près. Et pourtant, il n’y aurait aucun motif de s’inquiéter, à en croire les autorités russes, qui ont fini par communiquer ce mardi 6 octobre, après quelques jours de mutisme.
La Russie dément, l’OMS contredit
L’agence Rospotrebnadzor a notamment dénoncé « une fausse information », qui « circule actuellement en ligne sur l’instauration d’un régime sanitaire et épidémiologique renforcé et de restrictions strictes dans la région d’Irkoutsk », tout en assurant « qu’aucune décision de ce type n’a été prise à l’heure actuelle ».
La veille, le gouverneur régional, Igor Kobzev, affirmait que, selon l’enquête menée par l’agence russe de santé publique, aucun micro-organisme lié à l’activité professionnelle de la jeune femme n’avait été détecté dans ses prélèvements biologiques.
Pas suffisant pour rassurer. D’autant que l’OMS fait état d’un risque qu’elle qualifie de « modéré à faible pour Irkoutsk, faible pour la Fédération de Russie dans son ensemble et très faible pour la région européenne ».
