Le géant du divertissement s’efforce de maintenir ses engagements inclusifs face à la vague conservatrice qui déferle aux États-Unis.
Pour Disney, il n’est pas question d’abandonner les initiatives de diversité, d’équité et d’inclusion communément désignées sous l’acronyme DEI aux États-Unis. Les actionnaires de l’entreprise ont ainsi massivement rejeté, lors de l’assemblée générale du 20 mars 2025, une proposition dans ce sens.
Le texte initié par un investisseur dont l’identité reste inconnue, argumentait selon Reuters, que l’implication du groupe fondé par Walt Disney dans des « questions politiques clivantes » avait aliéné certains segments de son public et nui au cours de l’action de la société.
Il présentait comme une opportunité pour Disney de « revenir à la neutralité », le retrait de l’indice HRC. Également connu sous le nom de Corporate Equality Index (CEI), il s’agit d’un outil de mesure développé par la Human Rights Campaign Foundation.
Il permet depuis sa création en 2002, d’évaluer par un système d’attribution de points, les politiques et pratiques des entreprises en matière d’égalité pour les employés lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queer (LGBTQ+).
Un rejet presque unanime
En 2025, 1449 entreprises ont participé à l’enquête CEI, et 765 d’entre elles ont obtenu la note maximale de 100, remportant le prestigieux « Equality 100 Award. Au nombre d’entre elles figure Disney. À l’issue du vote de jeudi, seul 1% des actionnaires ont soutenu le retrait de la firme du divertissement de l’indice.
Cette décision intervient à un moment critique où de nombreuses entreprises américaines réduisent leurs initiatives DEI sous la pression de l’administration de Donald Trump. Le nouveau président des États-Unis a en effet intensifié ses menaces envers les organisations qui promeuvent ces programmes dans le cadre de son agenda conservateur.
C’est le cas des organisations majeures comme Ford Motor, Harley-Davidson, Pepsico, McDonald’s, Meta ou encore Lowe’s, pour n’en citer que quelques-unes. Toutes ont, à divers niveau, jeté aux orties leurs engagements précédents en matière de diversité et d’inclusion. Un mouvement né dans la foulée de l’assassinat pr un policier blanc de l’Afro-américain George Floyd
Stratégie du clair-obscur
D’autant que Trump n’hésite pas à brandir chaque fois que nécessaire, la menace de coupure des contributions fédérales, contre de « récalcitrants » potentiels. Disney lui-même n’a pas été épargné par cette tendance.
L’entreprise a récemment modifié, comme l’indique Reuters, ses critères de rémunération des dirigeants en remplaçant l’objectif d’augmentation de la diversité et de l’inclusion par un facteur appelé « stratégie de talents ».
Une dénomination plutôt vague censée évaluer, d’après l’agence de presse britannique, la manière dont les dirigeants font progresser les valeurs globales de l’entreprise. Il s’agit de toute évidence, d’une stratégie d’ajustement de la position de l’empire Mickey vis-à-vis des valeurs d’inclusion dans un contexte politique et sociétal hostile.