Selon des recherches récentes relayées par des spécialistes de la santé publique, les premiers facteurs de risque peuvent s’installer dès la vingtaine ou la trentaine, principalement chez les hommes.
« La plupart des gens ne passent pas leurs années 20, 30 ou même 40 à se soucier de leur cœur », écrit le Washington Post à propos d’une nouvelle étude qui vient remettre en question les idées reçues sur l’apparition des maladies cardiovasculaires au fil du temps.
Publiée fin janvier dans le Journal of the American Heart Association, cette recherche révèle que, chez une proportion importante d’hommes, les premières bases des troubles cardiaques se forment bien plus tôt qu’on ne le pensait.
« Nos résultats montrent que les différences de risque de maladie cardiovasculaire entre les hommes et les femmes apparaissent dès l’âge de 35 ans », explique au Post Alexa Freedman, épidémiologiste et professeure adjointe au département de médecine préventive de la Feinberg School of Medicine de l’Université Northwestern, auteure principale de l’étude.
À partir de cet âge, les hommes présentent un risque de développer une affection cardiaque près de deux fois supérieur à celui des femmes au cours de la décennie suivante, un déséquilibre qui persiste jusqu’à la cinquantaine.
Des signaux d’alerte discrets
Les données montrent qu’à 50 ans, la prévalence des maladies cardiovasculaires touche 4,7% des hommes contre seulement 2,9% des femmes, un seuil que ces dernières n’atteignent que sept ans plus tard.
L’écart se creuse encore davantage pour les maladies coronariennes. Un décalage d’environ dix ans sépare les deux sexes pour atteindre des taux comparables d’affection cardiaque.
L’étude, menée auprès d’environ 5 000 jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans issus de quatre grandes villes américaines et de diverses origines ethniques, souligne — comme le rapporte le Washington Post — que « le début de l’âge adulte est une période cruciale pour commencer à prendre au sérieux le risque cardiovasculaire ».
Cet examen précoce est d’autant plus essentiel que beaucoup continuent de réduire la santé du cœur à quelques paramètres isolés, tels que le taux de cholestérol, le poids ou l’alimentation.
Une approche multifactorielle
Or, les maladies cardiovasculaires résultent d’interactions complexes entre la génétique, le mode de vie et l’environnement. Le stress chronique, le manque de sommeil, la sédentarité ou l’exposition à certains polluants peuvent tous fragiliser le système cardiaque, parfois bien avant l’apparition des premiers signes cliniques.
Dans ce contexte, évaluer les risques chez un homme de 28 ans, par exemple, exige une approche personnalisée, tenant compte de son patrimoine génétique, de ses antécédents familiaux et de ses habitudes quotidiennes.
Les chercheurs rappellent un constat essentiel : les maladies cardiaques ne font aucune distinction. Un jeune athlète en pleine forme n’est pas à l’abri. Un homme actif, mince et non-fumeur peut tout autant présenter une fragilité cardiovasculaire insoupçonnée. L’absence de symptôme ne signifie pas une absence de risque.
