Le fabricant de jouets dévoile une nouvelle figurine élaborée en partenariat avec des organisations engagées pour les droits des personnes autistes. Une avancée majeure dans la représentation du handicap.
Annoncée il y a plusieurs mois, la Barbie représentant les personnes atteintes d’autisme est désormais disponible au sein de la collection « Fashionistas », dédiée à la diversité des corps, des origines et des handicaps.
Loin d’être un simple objet de mode, cette nouvelle création résulte d’un travail de plus de 18 mois mené en étroite collaboration avec l’Autistic Self-Advocacy Network (ASAN), une organisation de référence dans la défense des droits des personnes autistes.
Selon le New York Times (NYT), citant Mattel, de nombreux arbitrages ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat final, tant l’autisme englobe une pluralité de comportements, de difficultés et de besoins souvent invisibles au premier regard.
Comme le souligne Noor Pervez, responsable engagement communautaire à l’ASAN et impliqué dans le développement du prototype cité par le NYT, « comme beaucoup de handicaps, l’autisme n’a pas une seule apparence ».
L’enjeu était donc de représenter, autant que possible, une personne concernée par ce trouble neurodéveloppemental complexe. La figurine se distingue ainsi par une attention méticuleuse portée aux caractéristiques physiques et comportementales.
Un design pensé dans les moindres détails
Contrairement aux modèles classiques, ses yeux sont légèrement orientés sur le côté, pour refléter la difficulté qu’éprouvent certaines personnes autistes à maintenir un contact visuel direct.
Ses coudes et poignets sont articulés afin de permettre des mouvements de stimming – battements de mains ou gestes répétitifs – que de nombreuses personnes autistes utilisent pour réguler leurs perceptions sensorielles.
La figurine porte une robe ample en forme de A, choisie pour limiter les inconforts liés à l’hypersensibilité au toucher que connaissent certaines personnes. Au-delà du design, les accessoires témoignent d’une réelle compréhension des besoins spécifiques du spectre autistique.
Elle est livrée avec un casque antibruit rose, outil indispensable pour atténuer la surcharge sensorielle causée par le bruit, ainsi qu’un fidget spinner assorti, favorisant la concentration et apaisant l’anxiété.
Quand Barbie devient un miroir de l’inclusion
Plus symboliquement, la figurine tient une tablette illustrant les dispositifs de communication assistée utilisés par celles et ceux ayant des difficultés d’expression verbale. Ce choix vise à normaliser l’usage des technologies d’assistance et à reconnaître la diversité des modes de communication.
Pour les experts et les associations, cette création marque un tournant dans la perception publique de l’autisme. « Nous commençons à voir la société comprendre que les femmes peuvent être autistes, que les personnes de couleur peuvent être autistes, que les adultes peuvent être autistes, et que l’autisme est un spectre qui ne se manifeste pas d’une seule façon », souligne un représentant interrogé par Eyewitness News ABC7NY.
Cette prise de conscience est d’autant plus cruciale que, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), un enfant de 8 ans sur 36 aux États-Unis est autiste, avec des taux plus élevés parmi les enfants issus de minorités.
Pour Mattel, le lancement de cette figurine – après des modèles avec trisomie 21, une version aveugle, ou encore des Barbie et Ken atteints de vitiligo – s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de Barbie un reflet du monde tel que les enfants le perçoivent… ou devraient pouvoir le percevoir.
