Côte d’Ivoire : sur les traces du virus Ebola détecté dans le pays

Santé Une

Abidjan est depuis le 14 août, de nouveau en proie à Ebola, 30 ans après le dernier cas recensé dans cet État. Comment en est-on arrivé à une situation où des milliers de personnes se retrouvent désormais isolées ?

En Côte d’Ivoire, les regards ont dû se tourner vers l’ouest dès le 14 août à l’annonce de la détection d’un cas d’Ebola dans le pays, trois décennies après le dernier. Et pour cause, le pays partage dans cette zone, une frontière de plus de 600 km avec la Guinée qui n’en finit plus avec ce virus depuis sa première apparition en 2014. Il était donc logique pour les autorités ivoiriennes d’accorder une attention particulière aux mouvements de personnes provenant de leur voisin. D’autant que la patiente zéro est de nationalité guinéenne.

Cette entreprise aura été judicieuse. C’est en tout cas ce que révèlent les premières informations sur le traçage de l’origine du virus.

1 500 km de trajet

Il ressort en effet des analyses que le virus est bien parti de la Guinée, plus précisément de la ville de Labé le 8 août. Après des arrêts dans trois différentes villes, la patiente infectée, à bord d’un bus de 25 passagers, arrive à Nzérékoré le lendemain. C’est là que lui apparaissent les premiers symptômes de la maladie.

Le trajet suivant mène les voyageurs à Waninou, le 10 août pour un changement de transport. Le nouveau véhicule, plus grand, embarque désormais 70 personnes dont 37, principalement des Guinéens, descendent un peu avant d’atteindre Abidjan. Entre-temps, la jeune fille infectée voit son état de santé s’empirer.

Le 12 août, elle arrive enfin à Abidjan, sa destination finale, où les résultats du test révèlent une infection au virus Ebola.

Zones d’ombre

Depuis, la malade est mise en observation des médecins. De même que les différents conducteurs qui ont pris part au voyage. Il reste pourtant des zones d’ombre à éclaircir notamment à propos du nombre exact de chauffeurs intervenus dans ce périple. D’autant que les témoignages de la patiente manquent de cohérence par endroits, entre changement de véhicule non-corroboré et manque de précision sur certains horaires d’embarquement.

Par ailleurs, répertorier tous les cas contacts s’avère être un casse-tête, car les 37 passagers guinéens descendus entre Waninou et Abidjan ont eu le temps de se mêler au reste de la population ivoirienne. À ce jour, 58 personnes sont en observation en Guinée et 2 000 en Côte d’Ivoire. De chaque côté des pays, la vaccination s’accélère.


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