Cellules cancéreuses colorectales humaines traitées avec un inhibiteur de la topoisomérase et un inhibiteur de la protéine kinase ATR (liée à l'ataxie télangiectasie et à Rad3), une combinaison de médicaments à l'étude en tant que thérapie anticancéreuse (Photo).

Cancers : un nouveau marqueur pourrait renforcer l’efficacité de l’immunothérapie

Santé Une

 

Des équipes de chercheurs de l’Inserm, l’Université de Paris et l’université de la Sorbonne ont identifié des marqueurs autour des tumeurs, qui pourraient aider à prédire et à renforcer l’efficacité des traitements par immunothérapie.

Les médicaments d’immunothérapie, qui cherchent à déclencher une réponse immunitaire du corps contre les cellules cancéreuses, ont amélioré la prise en charge des cancers depuis quelques années. Mais ils ne sont souvent efficaces que chez une minorité de patients (25 % en moyenne), avec de fortes disparités d’un type de cancer à l’autre.

Les lymphocytes B produisent des anticorps

Pour renforcement l’efficacité de ces traitements et surtout éviter d’exposer inutilement des patients à leur toxicité, des chercheurs de l’Inserm, l’Université de Paris et l’université de la Sorbonne ont mené des travaux ayant permis d’identifier des marqueurs vraiment déterminants. Jusqu’à aujourd’hui, l’immunothérapie se focalisait essentiellement sur les lymphocytes T, les globules blancs chargés de reconnaître et d’attaquer les cellules infectées ou cancéreuses.

Dans trois études publiées simultanément le mercredi 15 janvier, dans la revue scientifique Nature, les scientifiques indiquent que des agrégats de cellules dans l’environnement immédiat des tumeurs, appelées structures lymphoïdes tertiaires (SLT), pourraient aussi être de bons marqueurs de l’efficacité de l’immunothérapie. Ces structures, qui ne sont pas présentes dans toutes les tumeurs, contiennent des lymphocytes B, les globules blancs qui produisent les anticorps.

Un taux de réponse de 50 % pour les tumeurs riches en SLT

En analysant 600 tumeurs de patients atteints de sarcome des tissus mous, les chercheurs ont observé qu’une réponse immunitaire antitumorale s’initiait au sein de ces structures. Ce qui suggère que les lymphocytes B pourraient jouer un rôle antitumoral, alors que leur abondance a parfois été interprétée comme un signe de mauvais pronostic chez les patients atteints d’un cancer. C’est tout le contraire. L’une des études montre que les patients présentant des tumeurs immunologiquement riches, où les SLT sont très présents, ont eu un taux de réponse élevé (50 %) à une immunothérapie : le pembrolizumab, ou Keytruda, du laboratoire américain Merck.

Ces résultats préliminaires nourrissent déjà l’espoir d’un traitement des sarcomes des tissus mous, qui se développent dans les muscles, les tissus graisseux ou encore les vaisseaux sanguins et les nerfs. Ces derniers sont particulièrement résistants aux traitements classiques et ne répondent à l’immunothérapie que dans 15 % des cas.

Une deuxième étude d’une équipe américaine a permis d’étendre ces observations au mélanome et au cancer du rein.

Bientôt un traitement qui augmente la formation des SLT ?

En attendant, on peut déjà espérer que ces résultats aident à choisir quels patients seront traités par immunothérapie, grâce à un simple test permettant d’identifier ceux ayant des tumeurs immunologiquement riches. À terme, la recherche pourrait permettre à davantage de patients de bénéficier de l’immunothérapie, en mettant au point un traitement qui augmente la formation des SLT.


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