OpenAI s’excuse de n’avoir pas signalé l’auteur de la fusillade de Tumbler Ridge

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L’entreprise d’intelligence artificielle reconnaît avoir détecté le compte du tueur des mois avant le drame sans en informer la police.

Il aura fallu un peu plus de deux mois pour qu’OpenAI reconnaisse sa part de responsabilité dans le massacre de Tumbler Ridge. Dans cette petite ville minière du nord‑est de la Colombie‑Britannique, Jesse Van Rootselaar, 18 ans, a ouvert le feu le 10 février 2026 au lycée local, tuant six personnes sur place.

Il s’est ensuite rendu dans une maison voisine, où il a abattu sa mère et son demi‑frère de 11 ans, avant de se suicider. Bilan : huit morts, dans ce qui est présenté comme l’une des fusillades de masse les plus meurtrières de l’année au Canada.

Ce que l’on ignorait alors, c’est qu’OpenAI avait repéré le compte du jeune homme des mois avant le passage à l’acte, et avait choisi de ne pas alerter les autorités. Un choix que le PDG du groupe, Sam Altman, dit aujourd’hui regretter.

« Je suis profondément désolé de ne pas avoir alerté les forces de l’ordre au sujet du compte qui a été banni en juin (2025) », écrit-il dans une lettre datée du 23 avril et rendue publique par le Premier ministre de Colombie-Britannique David Eby.

Un compte banni, une alerte jamais transmise

Selon les informations parues dans la presse, le compte ChatGPT de Van Rutslaar avait été repéré dès l’année précédant le massacre — soit en 2024 — à la fois par des outils de détection automatisés et par des enquêteurs humains d’OpenAI, qui avaient identifié des usages potentiellement liés à des velléités de violence.

Le compte avait finalement été banni en juin 2025, soit environ huit mois avant la fusillade, pour violation des conditions générales d’utilisation de la plateforme. Aucune transmission d’informations à la police n’a pourtant été effectuée.

À l’époque, les équipes de la société californienne avaient estimé que le compte ne remplissait pas le critère de « menace imminente et crédible » de violence grave exigé par leur protocole interne pour justifier un signalement aux autorités.

OpenAI dans le viseur des procureurs

Ce choix de non‑signalement se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vague de critiques, de procédures judiciaires et d’appels à une réforme de la loi, au Canada comme aux États‑Unis. Pour David Eby, les excuses sont « nécessaires, mais grossièrement insuffisantes face à la dévastation infligée aux familles de Tumbler Ridge ».

Au-delà du cas Tumbler Ridge, c’est toute la question de la responsabilité des plateformes d’IA face aux comportements à risque de leurs utilisateurs qui se pose.

Jusqu’où va l’obligation de signalement ? Quelle est la frontière entre protection de la vie privée et prévention d’un danger imminent ? Ce sont autant d’interrogations en suspens alors que les menaces de poursuites judiciaires s’intensifient contre OpenAI.


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