France : les obèses laissés en rade de la vaccination anti-Covid

Santé Une

À peine 47 % des personnes en surpoids ont reçu fin mai au moins une dose du vaccin anti-Coronavirus en France. Une situation qui témoigne du peu d’attention accordé à la question de l’obésité par les autorités.

C’est une situation à la fois paradoxale et tragique. Alors que l’obésité est reconnue depuis plus d’un an comme facteur aggravant du Coronavirus, moins de la moitié des personnes souffrant de cette pathologie sont aujourd’hui vaccinées en France. Ce tableau vaccinal révélé par l’Assurance maladie le 23 mai dernier a valeur d’alerte à l’endroit des autorités publiques. D’autant que la pandémie a déjà emporté environ 40 000 personnes en surpoids depuis son apparition dans le pays. Un chiffre qui n’émeut manifestement pas au-delà des acteurs chargés de la prise en charge des personnes en surcharge pondérale. À preuve, les pouvoirs publics ne ratent aucune occasion de se gargariser de la progression de la campagne de vaccination.

Mais alors, comment en est-on arrivé à cette situation où une couche aussi vulnérable que celle des obèses se voie laisser de côté ?

L’obésité sous-évaluée

À y regarder de près, le sort des personnes souffrant d’obésité dans le contexte du Covid-19 n’est que le reflet du peu d’égard qui leur était déjà accordé avant la pandémie en France. Le pays ne reconnaît toujours pas l’obésité comme une maladie contrairement à l’OMS. D’où le peu de moyens réservé dans les centres de prise en charge. Les acteurs plaident ainsi régulièrement pour un changement de politique. D’autant que la lutte efficace contre ce fléau requiert une jonction entre professionnels de plusieurs secteurs dont : des diététiciens, des psychologues, entre autres.

Effet domino du défaut de prise de conscience des autorités publiques sur la question de l’obésité, ses malades n’ont guère été classés parmi les cibles prioritaires aux précieuses doses. Les 8 millions de Français répertoriés comme obèses n’ont au droit aux vaccins qu’à partir du 1er mai et son ouverture aux personnes de plus de 18 ans. De fait, des pathologies comme le diabète ou l’insuffisance cardiaque ont déjà dépassé aujourd’hui les 60 % de primo-vaccination.

Une discrimination latente

Par ailleurs, les personnes obèses en proie à une discrimination sociale permanente rechignent bien souvent à se manifester auprès des autorités sanitaires. Ce qui fait penser à de nombreux spécialistes que les chiffres de l’Assurance maladie sur la vaccination de cette frange de la population sont très probablement sous-évalués. Les professionnels appellent les pouvoirs publics à changer de regard vis-à-vis de ce problème de santé publique.


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