Une nouvelle étude tire la sonnette d’alarme sur la dégradation inquiétante de la santé des enfants américains ces 18 dernières années.
La santé des enfants aux États-Unis se détériore de manière spectaculaire depuis près de deux décennies. C’est ce que révèle le Journal of the American Medical Association (JAMA) dans une étude publiée le mardi 12 août 2025.
Les chercheurs ont examiné, sur une période s’étendant de 2007 à 2023, un large éventail d’indicateurs de santé concernant les enfants américains de la naissance à 19 ans, allant des taux de mortalité aux facteurs de risque associés aux complications prénatales et postnatales.
Il en ressort que les nourrissons américains présentent un risque de mortalité presque deux fois supérieur à celui observé dans d’autres pays à revenus élevés. Cette situation s’explique principalement par les complications liées à la prématurité et le syndrome de mort subite du nourrisson.
Les facteurs de risque identifiés pour la prématurité incluent notamment les conditions médicales chroniques chez les mères, telles que le diabète ou l’hypertension artérielle. L’étude met en évidence l’impact considérable des disparités socio-économiques et raciales sur ces statistiques de santé infantile.
Une génération sacrifiée ?
Chez les enfants plus âgés et les adolescents, le constat demeure alarmant. Les armes à feu – qui tuent 15 fois plus qu’ailleurs dans le monde développé – et les accidents de véhicules à moteur constituent les principales causes de décès dans cette tranche d’âge.
Au-delà de la mortalité, l’étude révèle une explosion des pathologies chroniques chez les enfants, lesquels souffrent dans une proportion d’un sur cinq d’obésité.
S’y ajoutent l’augmentation des cas de puberté précoce – phénomène associé à divers risques pour la santé future – ainsi qu’une hausse spectaculaire des troubles de santé mentale, notamment la dépression et l’anxiété chez les jeunes.
Pour le Dr Céline Gounder, contributrice médicale de la chaîne de télévision CBS News et éditrice en chef pour la santé publique chez KFF Health, ces statistiques témoignent d’un « échec collectif envers nos enfants« .
Un échec politique et sociétal
La situation risque de s’aggraver au regard des perspectives budgétaires fédérales sous l’administration Trump, qui n’hésite pas à tailler dans les finances gouvernementales dès lors que celles-ci ne s’inscrivent pas dans son agenda.
Ainsi, le budget proposé pour 2026 prévoit des coupes drastiques dans les programmes de santé infantile, notamment ceux gérés par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
Ces programmes incluent pourtant des initiatives cruciales de prévention de la mort subite du nourrisson, de réduction des naissances prématurées et de surveillance des tendances des blessures pédiatriques.
Comme le soulignent Elizabeth Wolf du Centre pédiatrique hospitalo-universitaire de Richmond (Virginie) et ses coauteurs dans un éditorial publié en écho à cette étude : « Hélas, politiquement, les vents sont aujourd’hui contraires. Il y a tout lieu de craindre que la santé des enfants américains ne se dégrade encore davantage par rapport à celle des autres pays à haut revenu. »